dimanche 25 mai 2014

L'or du bout du monde de Tamara Mc Kinley - Editions L'ARCHIPEL

Editions L'Archipel (mai 2014)
450 pages
23€95
Présentation de l'éditeur:
1850. Ruby et son mari James – les descendants des premiers pionniers venus conquérir l’Australie – doivent eux aussi braver les dangers pour faire leur cette terre âpre.
Afin d’assurer leur fortune, James est tenté par la ruée vers l’or. Il entraîne Ruby dans cette vie aventureuse. Mais bientôt, la jeune femme découvre qu’elle doit s’allier avec Kumali, une Aborigène, et apprendre à s’adapter pour survivre dans ce milieu hostile.
Pendant ce temps, de nouveaux arrivants débarquent sur les rives australiennes, dont un Tahitien au mystérieux passé, une maîtresse d’école jeune et naïve… Aucun ne sait que désormais leurs destins seront liés à jamais.
Des fortunes se font. Mais l’expansion rapide n’est pas sans créer rivalités, jalousies et tensions sociales. Avec cependant pour conséquence positive la naissance d’un sentiment national.
Dans le dernier volet de sa trilogie, Tamara McKinley nous donne à voir la naissance d’une nation.




Il s'agit ici du troisième tome de la trilogie Oceana. S'il est tout à fait possible de lire chaque tome séparément, sans avoir pris connaissance du précédent, je ne peux que vous conseiller tout de même de découvrir la saga en entier, ce qui ne donnera que plus de profondeur à l'histoire et aux générations de personnages qui se succèdent à travers les 3 tomes. Même si cela est peu probable, ma chronique est susceptible de comporter des spoilers des tomes précédents. Si vous souhaitez connaître mon avis sur le deuxième tome, les pionniers du bout du monde, c'est ici
Pourquoi ce livre ? - J'avais eu l'opportunité de découvrir le second tome de cette trilogie l'an dernier. Comme vous pouvez le voir dans ma chronique de celui-ci, je n'avais pas complètement accroché à tous les versants de cette histoire et à tous les personnages. Cependant, je reste une adepte du style de l'auteur et j'avais envie de connaître le grand final de cette trilogie, c'est pourquoi je n'ai pas hésité lorsque j'ai eu l'occasion de découvrir ce 3ème tome.
Une plume qui fait voyager - J'ai adoré ma première lecture de l'auteur, la dernière valse de Mathilda parce qu'on y découvrait tout le côté sauvage de l'Australie, dans sa beauté comme dans sa cruauté. Les pionniers du bout du monde m'avaient laissée sur ma faim car au final, peu de passages étaient consacrés à la vie dans les terres, ce second tome étant plutôt axé sur des familles aisées vivant dans les grandes villes. A mon plus grand bonheur, L'or du bout du monde m'a permis de retrouver l'exploration de l'Australie, l'installation sur des terres sauvages et tout ce que cela implique, avec davantage de passages consacrés à cette vie là. Comme nous l'a expliqué l'auteur lors de la rencontre à laquelle j'ai eu la chance d'aller (mon compte-rendu est ici), elle écrit en images, et cela se ressent à chaque page car elle parvient à nous faire voyager en regardant les paysages avec ses yeux ou ceux des protagonistes.
Un dernier tome réussi - Ce dernier tome débute une trentaine d'années après la fin du 2ème tome. Alice et Neil sont maintenant de vieilles femmes, et Neil régale sa petite-fille Ruby d'histoires du passé. Après ces brèves retrouvailles avec les héroïnes des Pionniers du bout du monde, on est de nouveau projeté dans le temps, une quinzaine d'années plus tard. Ruby est maintenant adulte et s'en va construire sa propre histoire avec son mari James. On suit alors leur voyage de plusieurs semaines pour rejoindre la terre qu'ils vont essayer de faire vivre et fructifier. Leur trajet et leur installation ne se fera pas sans mal, chaque jour amenant son lot de difficultés. Parallèlement, on retrouve Oliver et Harry Cadwallader, qui étaient enfants dans le tome précédent. Chacun a mené son petit bout de chemin, l'un en Angleterre, l'autre en Australie, et ils vont ici avoir l'occasion d'enfin se retrouver. Malheureusement les années d'insouciance sont maintenant loin et les sujets qu'ils vont devoir traiter n'auront plus rien d'amusants. De nouveaux personnages vont aussi faire leur apparition, venant de contrées lointaines comme Hina, originaire de Tahiti, ou Jessie qui vient d'Angleterre pour enseigner dans une école perdue au coeur de l’Australie. Comme toujours, on découvrira au fil des pages, les liens qui existent entre tous ces protagonistes, car le hasard n'existe pas dans les romans de Tamara McKinley. J'ai apprécié de retrouver dans ce tome, ce qui m'avait manqué dans le précédent, à savoir la découverte des paysages australiens, l'installation dans une nouvelle contrée, et puis surtout les diverses histoires d'amour qui jalonnent ce tome, pour mon plus grand plaisir. On va plus loin dans l'histoire de la construction de cette nation, avec un élément qui m'était inconnu à savoir cette ruée vers l'or qui a eu lieu à la fin du 19ème siècle.
Grâce à cette lecture, je peux également confirmer une hypothèse que j'avais soulevée dans ma précédente chronique, à savoir que le fait de ne pas avoir lu les tomes précédents peut jouer dans l’intérêt que l'on porte au roman mais surtout dans la compréhension de ce qui se joue entre les différentes générations, et là j'ai pu clairement le vérifier. Je connaissais les générations précédentes et pouvais donc mieux comprendre toutes les histoires de familles qui, vous le verrez, sont toutes étroitement imbriquées. Et lorsque l'on remonte 3 générations plus haut, il faut bien s'accrocher pour se rappeler qui est qui. Mais cette fois-ci , j'ai pu apprécier davantage toute cette facette du roman.
Des femmes (et des hommes) qui créent leur destin- Je me suis particulièrement attachée à Ruby, la petite fille de Neil, qui part à l'aventure avec James, son époux, la tête remplie de projet. Malheureusement, elle n'aura pas en amour la même chance que son aïeule et si je ne peux vous donner les détails de son histoire, je peux vous dire que j'aurais bien réécrit certains passages de leurs échanges avec mes propres mots pour exprimer le fond de ma pensée à James. Heureusement Ruby est beaucoup plus (trop?) gentille que moi! Jessie, cette jeune femme qui vient s'installer en Australie, m'a également beaucoup plu. Elle qui ne connait au départ l'Australie qu'à travers les livres qu'elle a pu lire, va être très rapidement plongée au cœur de ce qu'est la vie là bas et elle ne sera pas épargnée. Cette fois encore, c'est un personnage qui va aller jusqu'au bout de ses valeurs et de ses attentes et cela lui sera plutôt bénéfique!

Beaucoup de femmes dans cette histoire, mais également quelques hommes, comme Hina le tahitien qui parcourt le monde pour cumuler assez d'argent afin d'épouser celle qu'il aime depuis toujours, ou encore nos deux frères, qui bien que vivant dans un cadre plus protégé, vont devoir faire face à certaines difficultés aussi. Comme souvent dans les romans de l'auteur, les aborigènes ne sont pas oubliés, même si malheureusement on comprend que la création de cette nation n'a pas été bénéfique à tout le monde...
En bref - Un dernier tome qui ne m'a pas déçue et qui clôt parfaitement cette trilogie sur l'histoire de l’Australie. Je me demande maintenant qu'elle sera le thème du prochain roman de l'auteur!





Au loin, des montagnes bleutées se dressaient contre un ciel éblouissant, des rangées de vignes couraient jusqu'à l'horizon, qui tremblait sous l'effet de la chaleur; des falaises de grès aux tons d'ocre dominaient des forêts de hêtre. Tandis qu'Abel arrêtait le chariot, elle ouvrit grand la bouche aux anges: une volée de perroquets aux couleurs vives piquait en direction des arbres.Ils semblaient avoir capturé dans leurs plumes chatoyantes le spectre entier de l'arc-en-ciel.
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