samedi 19 avril 2014

Orgueil & préjugés & zombies de Seth Grahame-Smith - Editions POCKET


Editions Pocket (janvier 2014)
348 pages
7€70
Présentation de l'éditeur:
Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l'arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine : enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d'Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l'entraînement des demoiselles Bennet ? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane ? Surtout, le chef-d'œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

En résumé - Alors que Mrs Bennet n'a qu'une idée en tête, celle de marier ses 5 filles au plus tôt, l'arrivée de nouveaux locataires dans la propriété voisine ne va pas manquer de la ravir. Si Jane, l'aînée des Bennet,  semble particulièrement intéressée par ce voisin, M. Bingley, Elizabeth  quant à elle éprouve des sentiments étranges pour le meilleur ami de celui-ci, Mr Darcy. Cet homme est aussi énigmatique qu'antipathique et l'orgueil et les préjugés semblent faire partie intégrante de son mode de vie. Alors qu'il serait simple de simplement le détester, elle est partagée entre l'admiration qu'elle ressent pour son talent de tueur de zombies et la froideur qu'il lui exprime au quotidien. Mrs Bennet parviendra t-elle à ses fins en mariant sa fille au meilleur parti de la région? Elizabeth pourra - t'elle percer la carapace de Mr Darcy? Pour le savoir, il faudra le lire^^.
Pourquoi ce livre? - J'avais remarqué ce titre à sa sortie car je trouvais l'idée extrêmement originale d'oser mixer un grand classique avec le thème très actuel des zombies, alors quand j'ai vu qu'il paraissait au format poche, je me suis laissée tenter. Je dois vous avouer immédiatement que je n'ai jusqu'ici jamais lu de roman de Jane Austen, mais je suis une grande fan des adaptations cinématographiques de Raisons et Sentiments et Orgueil et Préjugés. Je ne partais donc pas totalement à l'inconnu en entamant ma lecture.    
Un partage loin d'être égal - N'ayant jamais lu le roman original de Jane Austen, je ne saurais vous dire avec exactitude quel est le degré de fidélité de cette version. Cependant, à la lecture, j'ai retrouvé de nombreux échanges et situations qui étaient similaires à ceux vus dans le film, j'imagine donc que Seth Grahame Smith a été fidèle à l'original dans cette réécriture. Cependant, j'ai du mal à savoir quelle place il a pris lui -même dans cette écriture, et si ses interventions se limitent à l'inclusion des mots zombies et cervelle dans certains passages, ou si d'autres éléments ont été modifiés par sa plume. Je n'ai, quoi qu'il en soit, éprouvé aucune difficulté à suivre cette histoire et à me faire au style des auteurs.
Jane Austen, oui, les zombies, non - Je suis une adepte de l'histoire d'Orgueil et Préjugés particulièrement pour la façon dont Jane Austen a su faire la critique des moeurs de son époque, de manière très réaliste, tout en nous proposant des scènes qui peuvent nous faire sourire, d'autres plus romantiques et même certaines assez agaçantes lorsqu'il est question de l'étiquette ou du rôle des femmes à cette période. Alors que la plupart des évènements qui se déroulent dans l'histoire n'ont que peu d’intérêt en soi (un bal, un dîner, une promenade en calèche, des conversations sur la pluie et le beau temps), c'est dans les sous-entendus et le second degré des échanges que se joue tout l'intérêt de l'intrigue pour moi. On découvre donc une mère de famille qui ne vit que pour marier ses filles, non pas pour leur bonheur mais uniquement pour la réputation que cela apportera à leur famille, cinq filles très différentes les unes des autres, les aînées étant les plus censées, mais les suivantes ont plutôt hérité du caractère de leur mère, et un père qui a conscience de la bêtise de certaines de ses filles, mais qui préfère laisser faire sa femme pour avoir la paix. Et je ne vous parle là que de la famille Bennet, mais de nombreux autres personnages jalonnent ce roman. Si une place est donnée à chacun dans l'histoire, on est plus spécialement attaché à suivre la relation qui va se développer entre Elisabeth et Darcy. Ces deux là n'avaient vraiment rien en commun au départ, chacun étant trop aveuglé par ses propres préjugés sur l'autre, mais finalement cela ne va pas empêcher leurs sentiments de se développer non sans difficultés.
Parlons justement des difficultés, vous vous demandez sûrement à quel moment interviennent les fameux zombies? Et bien, on les retrouve un peu partout, l'Angleterre étant (pour une raison qui nous est inconnue) envahie par des "innommables", qui sortent de terre dès que celle-ci est meuble. Ces derniers peuvent infecter les personnes qu'ils mordent et leurs victimes se décomposent alors jusqu'à mourir et devenir eux-mêmes des zombies. Pour contrer ses attaques, les hommes mais aussi les jeunes filles sont formés aux arts de la guerre afin de pouvoir se défendre et survivre. C'est  le cas des filles Bennet, qui ont été formées par un grand maître des arts martiaux et qui sont de ce fait d'excellentes guerrières, et particulièrement Elisabeth. C'est en partie ce qui va la rapprocher de Darcy, lui-même tueur de zombies émérite. Si l'idée de mettre des zombies dans cette époque, où tout n'est qu'apparence, est vraiment originale et donne un petit côté moderne à cette histoire, je dois dire que j'ai trouvé cet apport extrêmement superficiel et je n'ai pas vu d'autre intéret que d'édulcorer le décor. Certains éléments sont même répétitifs et en deviennent lassants (je pense  particulièrement aux moments où Elizabeth dit vouloir s'infliger "les 7 balafres de la honte" qui se répète plus que nécessaire et qui est de trop...).
En bref - J'ai passé un très bon moment avec ce roman de Jane Austen et si l'ajout des zombies n'a pas dérangé ma lecture, il n'a pas non plus apporté de "plus" à l'histoire. Dommage que l'idée n'ait pas été plus poussée....


L'orgueil m'offense moins chez lui que chez les autres, parce  qu'il est justifié, dit Miss Lucas. Rien de surprenant qu'un jeune homme qui a tout pour lui, beauté, famille, fortune, ait une haute opinion de lui-même. Si je puis m'exprimer ainsi, il a le droit d'être fier.

- c'est tout à fait vrai, répondit Elizabeth, et je lui pardonnerais aisément sa fierté, s'il n'avait pas mortifié la mienne. J'avoue que je lui aurais tranché la gorge si les innommables ne m'en avaient pas détournée.
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